Comment explique-t-on la hausse de ce début d’année 2019 ? Le marché est-il vraiment peu cher ?

Face à cette interrogation, nous tenterons d’apporter des réponses via une lecture des statistiques comparables concernant le rendement des actions (réalisée par Vestathena) avant d’analyser la radioscopie du prix des actions (réalisée par Investir), plus précisément, sur le marché français (CAC40).
 

 

I. Lecture des statistiques comparables : « Un rendement annualisé des actions sur 20 ans au plus bas. »

 

Le rendement annualisé des actions sur vingt ans glissants est historiquement bas.

 

Au cours des 20 dernières années, l’indice S&P 500 (les 500 valeurs les plus représentatives de l’économie américaine) a amélioré sa valeur de 5,5% par an, dividendes réinvestis. Corrigé de l’inflation, les rendements annuels du S&P 500 s’élèvent à 3,4% par an au cours de la même période.

 

Ces dernières vingt années ont été parmi les plus mauvaises pour les rendements nominaux des actions américaines comparables seulement aux périodes se terminant en 1970 (6,5% annuel) et en 1940 (2% annuel), celle-ci incluant la Grande Dépression de 1929.

 

 

Ce résultat est surprenant, surtout quand on entend les arguments, venant des plus grands spécialistes, sur « la hausse historique des dix dernières années ».

 

La raison des rendements si médiocres au cours des vingt années écoulées est alimentée par deux reculs majeurs, de 38,6% en 2008 et de 40% entre 2000 et 2002.

 

Aussi, comme la moyenne du rendement annualisé de toutes les périodes de 20 années glissantes depuis 1928 est de 11%, les 20 dernières années sont donc bien inférieures à la moyenne (11% - 5,5% de déficit, égal à 1,93 fois l’écart-type de la période). A l’inverse, la période extrême finissant en 2000 a produit un rendement annuel de 18% (soit 7% supérieure à la moyenne, ou 2,2 fois l’écart-type de la période).

 

Et en Europe, quelle est la lecture des statistiques comparables ?

 

Les données harmonisées existent à partir de 1986, pour l’indice STOXX 600 (les 600 principales capitalisations boursières européennes), rendement avec dividendes réinvestis. Nous avons travaillé les données de la même façon que pour l’indice S&P500. Cela donne douze années de périodes de vingt ans glissants, (soit 12 x 220 = 2640 observations). Tout d’abord, sur cette période plus réduite (nous sommes tributaires de la jeunesse de la Communauté Européenne), nous remarquons le point bas de 2008 et le point actuel, bien plus profond. Le seul point haut est celui de la bulle immobilière de 2007.

 

 

Nous avons tracé les 2 graphiques (S&P 500 et STOXX 600) sur la même échelle. Les histoires parallèles sont très semblables, avec un déficit de rendement annuel proche de 2% sur les périodes de vingt ans pour l’indice européen (STOXX 600). Ceci tend à montrer la forte corrélation des indices mondiaux.

 

 

Quelques-unes des tendances récentes dans le secteur des services financiers peuvent être expliquées par cette situation de faibles rendements.

 

Tout d’abord, les faibles rendements expliquent la montée des placements de gestion passive et la croissance des ETF (fonds négociés en bourse). Lorsque les actions composent à 11% par an (leur moyenne à long terme) ou supérieurs, les détenteurs d’actifs sont plus enclins à tenter une gestion active face à la possibilité d’une surperformance. Lorsque l’indice s’accroît de 5% annuel (comme au cours des vingt dernières années), il devient plus difficile de justifier des frais de gestion active, puisque chaque point de base compte.

 

Les faibles rendements impliquent un faible coût du capital, ce qui donne à la mode actuelle du rachat d’actions un avantage trompeur, au détriment de l’investissement. Les managements des entreprises américaines et européennes considèrent le coût des fonds propres proche de 10%, et utilisent ce taux de référence pour évaluer les nouveaux investissements.

 

Pour envisager d’avoir de meilleurs rendements à long terme sur les vingt prochaines années, les actions ont besoin de beaucoup de sang neuf arrivant dans les indices. Par exemple, le S&P 500 a réussi à réaliser des gains raisonnables au cours des 10 dernières années grâce à Amazon, Google, Facebook, Apple et Microsoft.

 

Pour faire mieux que 5% de rendement annuel d’ici 2038, nous ne pourrons globalement pas compter sur ces sociétés. Il sera très important de voir une nouvelle série d’entreprises technologiques perturbatrices venir dans les marchés côtés au cours des prochaines années. Les sociétés de capital-risque investissent des capitaux dans ces entreprises pour les rendre aptes à être introduites en bourse prochainement, lors d’une période plus stable.

 

Une autre option pour avoir de meilleurs rendements dans les vingt prochaines années est l’amélioration de la productivité des entreprises déjà cotées. La tendance actuelle à implanter des techniques de digitalisation (Intelligence Artificielle, Réalité Augmentée, Base de données, etc.) ouvrent une voie fertile.

 

Plusieurs secteurs sont déjà en train de profiter de ces évolutions (Automobile, Logistique, Retail, Hospitality). D’autres s’y joindront.

 

En conclusion, les rendements passés que nous venons d’observer sur ces vingt dernières années sont historiquement faibles et ceci arrive rarement. Nous sommes donc témoins d’un fait boursier unique pour les générations actuelles. Nous pouvons l’interpréter comme un malheur et penser à tous les problèmes que cela provoque. Mais nous pouvons aussi l’interpréter en termes dynamiques. La bonne nouvelle est que, étant au bas de la fourchette historique (maintenant à 5,5%), le retour à la moyenne, caractéristique essentielle du capitalisme moderne, est devant nous et la hausse des rendements doit commencer à se faire sentir. Si les rendements montent vers la moyenne historique (11%), la valeur des indices sera multipliée par 8 au cours des vingt prochaines années. C’est au-delà de cette barrière que nous, gérants d’actifs, pourrons apporter notre valeur ajoutée.

 

 

II. Radioscopie du prix des actions sur le CAC 40 : « Après un fort rebond des actions, le marché devrait marquer une pause. Une occasion de faire le tri en se penchant à nouveau sur les valorisations. »

 

Le palmarès des prix des actions. Près de 15% de hausse en moins de deux mois. Le CAC 40 a repris de la hauteur de façon spectaculaire. L’indice était tombé jusqu’à 4555 points le 27 décembre dernier. Ce rebond de début d’année est dû à un double phénomène.

 

D’abord, la Bourse a monté du fait d’un changement radical de stratégie monétaire des banquiers centraux. Les banquiers centraux ont changé d’avis car la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis ainsi que la perspective d’un Brexit dur ont commencé à affecter l’économie. Toutes les semaines, les signes de ralentissement de la croissance mondiale se confirment.

 

La Bourse a aussi progressé et, c’est la seconde raison, avec l’espoir d’un compromis entre Washington et Pékin. La perspective d’un délai supplémentaire dans les négociations autour du Brexit a également joué, même si l’impact sur les places financières est moins important que le bras de fer entre Américains et Chinois.

 

Seulement, la Bourse est entrée dans un corner. Il ne sera pas possible de jouer sur les deux tableaux. Si les nuages de la guerre commerciale s’éloignent réellement, les banquiers centraux risquent de durcir à nouveau leur politique monétaire.

 

Autrement dit, le scénario d’un accord entre les deux puissances mondiales et d’une politique monétaire durablement accommodante n’est guère possible à moins d’un risque récessionniste.

 

Dans ce contexte, il est fort probable que le marché marque une pause. Le critère de la valorisation d’une entreprise redevient alors central, ce qui est moins le cas dans les phases de forte hausse ou de baisse, où les biais sont essentiellement sectoriels ou géographiques.

 

Que nous enseigne la valorisation des entreprises ?

 

Le niveau de PER (cours rapporté au bénéfice net) pour le marché dépend du degré d’optimisme des investisseurs dans l’avenir.

 

En 2008, au lendemain de la faillite de Lehman Brothers, le PER était tombé à 7 fois, malgré des bénéfices élevés cette année-là, mais le marché redoutait une entrée en récession et un effondrement des profits en 2009, ce qui fut le cas. En 2014, le PER a grimpé jusqu’à 18 fois, sous l’impulsion du premier quantitative easing de la BCE. L’argent s’est mis à couler à flots pour éviter une déflation, et les investisseurs étaient prêts à payer très cher les actions ! Aujourd’hui, le PER du CAC 40 se situe entre ces deux extrêmes, à moins de 14 fois les bénéfices attendus pour 2019.

 

 

Il s’agit évidemment d’une moyenne. Au sein du SRD, nous pouvons distinguer trois types de valeurs : celles qui se paient plus de vingt années de profit, celles qui sont valorisées moins de 10 fois et, enfin, les entreprises dont l’évaluation tourne autour de la moyenne du marché.

 

Commençons par les valeurs chères en absolu. Nous y trouvons, bien-sûr, les acteurs du luxe : Hermès (39 fois), Rémy Cointreau et L’Oréal (30 fois chacun), LVMH (21 fois). Très dépendant de sa marque Gucci, Kering ne fait pas partie de ce club (18 fois). Le secteur technologique est également bien représenté, avec Dassault Systèmes (37 fois), dont la valorisation tutoie celle d’Hermès, suivi de Worldline (32 fois), d’Edenred (30 fois) et de Soitec (23 fois). La santé dispose aussi de ses stars, comme Sartorius Stedim Biotech (40 fois), BioMérieux (30 fois) ou encore Orpea (25 fois). Sont présents également des concessionnaires tels que Getlink (43 fois) ou ADP (28 fois), en cours de privatisation.

A l’opposé figurent les secteurs de l’automobile, avec Renault, dont le PER de 4 fois fait du constructeur la valeur la moins chère non seulement du CAC 40, mais aussi du SRD (alors que, ironie du sort, son patron était le dirigeant le mieux payé de France). Les financières cycliques (ArcelorMittal, Saint-Gobain…) sont mal valorisées et, plus surprenant, certaines SSII. Sopra Steria et Atos ne se paient que 9 fois.

 

En conclusion nous pouvons dire que, boursièrement, cette radioscopie ne nous amène pas forcément à vendre ce qui est cher en apparence et à acheter les sociétés faiblement valorisées.
Si certains titres affichent des PER élevés, c’est pour de bonnes raisons. Généralement, ces entreprises sont parvenues à tenir, régulièrement, leurs objectifs et elles affichent de belles croissances, tandis que d’autres offrent une faible visibilité, voire aucune, sur leur modèle économique.
Pour faire le tri, nous vous proposons de vous focaliser sur les sociétés dont le PER est élevé du fait d’une croissance annuelle de plus de 10% des profits attendus en 2019 et en 2020. Il ressort que Hermès, Worldline, Rémy Cointreau, Orpea, entre autres, sont dans ce cas-là.

 

Nous vous proposons une petite sélection de 30 valeurs :

 

Classement des valeurs du SRD au regard du PER 2019 :

 

 

 

( Source : Vestathéna + Investir )

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

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