Quelle allocation pour la sortie de crise ?

14/04/2020

Chers Clients,

 

Le but de ce document est de partager nos vues sur l’allocation à mettre en place en fonction du comportement passé des diverses classes d’actifs et de ce qui peut être anticipé pour le futur.

 

Il ne traite pas du timing de la sortie de crise. Compte tenu de l’incertitude sur les développements scientifiques, de l’évolution de la maladie, des mesures que les Banques centrales et les Gouvernements vont encore annoncer, de l’organisation du déconfinement, il est impossible de quantifier la profondeur et la durée de la récession qui s’ouvre.

 

Depuis quinze jours, le marché remonte sur un rebond plus ou moins technique car les investisseurs réagissent à un certain nombre de nouvelles positives (mesures de soutien et début de stabilisation de la maladie). Les marchés risquent de rechuter quand on pourra quantifier les baisses de résultats des entreprises et l’ampleur de la récession. L’investissement progressif trouve tout son sens depuis notre note de mi-mars (Cac 40 à 3632 le 18/03/2020).

 

Nous avons tenté de lister des fonds qui permettront de bien se positionner en cas de rebond sans prendre de risques excessifs.

 

Nous indiquons certains supports sélectionnés en fonction de la qualité des équipes de gestion, de la lisibilité des stratégies mises en place et de l’absence de risques sur leur liquidité. Bien évidemment, ils ne sont pas forcément tous éligibles à l’ensemble des contrats d’assurance-vie Français et Luxembourgeois). 

 

Quelles leçons retenir

 

Nous retirons 4 leçons générales de la crise actuelle :

  • Aucune classe d’actifs n’a été épargnée ;

  • Les actions demeurent la classe d’actifs dont le comportement est le plus facile à expliquer ;

  • Beaucoup de fonds mettant en jeu des stratégies complexes (risk premia, global macro, quant,,...) se sont très mal comportés ;

  • Plus un fonds incorporait du risque pour booster sa performance plus il a sous performé.

 

Les actions

 

La catégorie actions nous semble à privilégier pour la sortie de crise car c’est pour nous la classe d’actifs qui a le plus de visibilité et qui a le plus de potentiel de rebond. Au sein de cette catégorie, nous privilégions :

  • les fonds valeurs de croissance et qualité européens car ils sont parmi ceux qui ont le mieux résisté (Renaissance Europe, Echiquier Major, JP Morgan Europe Strategic Growth, ou Platinium Ariane ) : les sociétés qu’ils ont en portefeuille se démarquent par leur solidité et la qualité de leurs bilans ;

  • les fonds « Monde » qui assurent en général une bonne performance globale ( Comgest Monde,  Fidelity World…) ;

  • certains fonds investissant sur le marché chinois et émergents (Fidelity China Consumer, GemEquity..);

  • les fonds thématiques centrés sur des secteurs qui seront les moins affectés :
    - Internet et Technologie (Fidelity Global Technology, JPM Europe Dynamic, Pictet Robotique… ) ;
    - Energies vertes (Nordea Global Climate et Environment Fund - Pictet Water, Fidelity Sustainable Water et Waste Fund… ).

 

Nous restons à l’écart :

  • des fonds value qui peuvent certes connaitre de belles hausses lorsque le marché explose à la hausse mais qui incorporent trop de cycliques où la visibilité est faible, trop de valeurs télécoms qui ne devraient plus performer dans les semaines à venir ou trop de valeurs pétrolières ; 

  • des valeurs small et mid caps car ces fonds pourraient être exposés à des retraits et les difficultés pourraient être plus importantes sur des valeurs moyennes moins diversifiées et plus concentrées géographiquement ;

  • des valeurs américaines tant que l’impact de la crise n’est pas clair. Certes ce pays a mis des plans de relance colossaux mais le Gouvernement ne parvient pas à agir correctement sur le confinement et les mesures politiques à prendre. Attention, de ne pas négliger malgré tout la capacité de rebond des USA.

 

Les obligations

 

Les fonds obligataires ont très mal traversé cette crise. Ils sont entrés dans cette crise avec une caractéristique générale : le risque n’était pas pricé et les rendements des obligations, notamment les plus risquées, étaient beaucoup trop faibles.

 

Ces fonds ont dû faire face à une très grande volatilité des taux souverains et un repricing du risque de crédit. On a parlé de dislocation pour décrire ce qui s’est passé sur les marchés de taux et de crédit. Il y a eu un véritable problème de liquidité sur la classe d’actif (notamment le crédit).

 

Deux facteurs nous inquiètent pour le futur :

  • un risque de remontée globale des taux. Certes l’injection de liquidités par les Banques Centrales qui s’apparente à un retour du Quantitative Easing devrait pousser les taux à la baisse mais l’endettement colossal des Etats et un possible retour de l’inflation pourraient favoriser un mouvement inverse ;

  • le risque d’une explosion du nombre de faillites d’entreprises endettées, notamment les petites et moyennes entreprises ou les entreprises sous LBO. 


     

     

De ce fait, nous envisageons de rester à l’écart :

  • des obligations d’Etat (incertitude sur les taux) ;

  • des obligations convertibles qui n’ont rien apporté dans la crise ;

  • du « high yield » (risque de faillite) ;

  • des obligations émergentes (risque de faillite des Etats, des sociétés, et de volatilité des devises émergentes). 

 

Les fonds diversifiés

 

Cette catégorie a été la plus meurtrie. Censée être décorrélée des marchés, elle a vu ses principales stratégies totalement remises en cause.

 

Nous restons à l’écart :

  • des fonds H20 compte tenu du manque de visibilité sur le degré de levier maintenu et du comportement futur de ces fonds en cas de reprise de la baisse ou d’un maintien de la volatilité ;

  • des stratégies Long Short avec biais directionnel qui ont connu des baisses très marquées sur la période et qui nous font privilégier un investissement direct en actions au comportement plus franc ;

  • toutes les stratégies de risque Premia, Stock picking… ;

  • toutes les stratégies UCITS qui essaient de répliquer des stratégies de hedge. On peut rappeler que le fonds Exane Intégrale est suspendu depuis le 17 mars.

 

Un focus sur l'or

 

Sans surprise l’or s’est comporté comme un actif refuge dans cette crise. Tous les actifs refuges ont joué à un moment leur rôle (Treasuries américains ; Bund allemand, dollar).

 

Pour continuer à jouer ce rôle d’actif refuge, l’or a besoin de taux bas (c’est le cas) et d’un dollar US stable (ce devrait être le cas).

 

Investir dans l’or est compliqué en France :

  • on peut investir sur des fonds liés aux matières premières (AXA OR et matières premières…) ;

  • les fonds mines d’or ne sont pas toujours très corrélés (EDR Goldsphére - , Amundi or - ) ;

  • on peut aussi s’intéresser aux ETF gérés par la ZKB (Banque Cantonale de Zurich).

 

Les 5 paris actuels :

 

En période de crise, les investisseurs ont tendance à vendre les actifs les plus risqués et les plus liquides en premier comme les actions. Dans le cadre d’une sortie de crise, nous estimons que ce sont ces mêmes actifs qui peuvent rebondir plus fortement.

 

Ainsi, nous privilégions parmi les actions :

  1. Des fonds actions de grandes capitalisations en Europe et à travers le monde, sur des valeurs de qualité, leaders, disposant de cash et d’un bilan sain.

  2. Des fonds thématiques sur les secteurs technologiques (internet, digital, intelligence artificielle...) et ceux liés à l’environnement qui devraient attirer les flux.

  3. Dans une moindre proportion, et pour jouer des rebonds tactiques de court terme, il peut être intéressant d’investir dans des fonds dits « value » ciblant des valeurs décotées qui ont largement été vendues pendant la crise et qui présentent un biais cyclique pouvant surperformer en période de fort rebond de marché.

 

Sur le segment obligataire, afin de diversifier les investissements même en période de sortie de crise, nous privilégions :

  1. Le crédit bien noté dit « investment grade ». Cette classe d’actifs a nettement corrigé pendant la crise et a subi un manque de liquidité. L’intervention massive des Banques Centrales permettra le maintien de taux bas et favorisera cette classe d’actifs notamment par des achats ciblés de la BCE et de la Fed. Par ailleurs, les obligations bien notées sont plus liquides que le segment dit « high yield » et devraient capter les premiers flux.

  2. Les subordonnées financières car elles présentent un rendement intéressant et sont émises par des banques qui sont aujourd’hui beaucoup plus solides en termes de solvabilité qu’elles ne l’étaient en 2008. 

 

A très court terme, dans l’attente de nouvelles sanitaires positives et en considérant que le point bas n’a pas été atteint, le cash, le pur monétaire sont une classe d’actifs (fond € dans l’assurance vie) qu’il faut encore détenir.

 

Il y a de bonnes raisons de croire que les marchés actions vont mener le rebond, avant d’autres actifs risqués type « high yield » ou crédit émergent.

 

 

Chaque situation, chaque patrimoine méritent sa propre réponse et ses propres arbitrages en fonction de son aversion au risque et de ses objectifs à court et long terme. Nous sommes donc à votre disposition pour en discuter et trouver ensemble les actions à mener.

 

 

 

 

 

 

 

(Sources : EGD Finance, Platinium Gestion)

 

 

 

 

 

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